J’en parle, ou pas ?

Précieux projet…

Vous avez ce projet qui vous trotte dans la tête : nouvelle activité, nouvelle boîte ou nouvelle vie… Faut-il en parler autour de vous ? Quand se dévoiler et à qui ?

Je suis intimement convaincue qu’il faut parler de ses projets, surtout entrepreneuriaux.

Biberonnée à la philosophie “Lean” depuis que j’ai commencé à m’intéresser aux startups et aux entrepreneurs avec mon premier projet Pillo, il me parait essentiel de se confronter le plus vite possible au marché, à ses futurs utilisateurs pour s’assurer que l’offre qu’on prépare dans le fort de son intérieur répond bien à une problématique existante, vécue. J’ai le sentiment que cette philosophie est de plus en plus acceptée et pratiquée, mais aussi très documentée, donc je ne vais pas vous embêter plus à ce sujet.

En parler, oui, mais COMMENT ? DE quoi ?

Première difficulté : comment s’organiser pour tester ? Que montrer ? Avec quel degré de finition ?

Les plus créatifs et exigeants d’entre nous notamment le savent : difficile de se dévoiler avec un support qui ne nous semble pas parfait. Selon les types de projets (et les secteurs d’activité visés) il y a probablement en effet un niveau minimum de qualité attendu pour commencer à “montrer” quelque chose.

Pour autant, on tombe souvent dans le piège de la procrastination pour de mauvaises raisons (j’en parlerai quand mon site sera parfait, quand j’aurai un prototype, quand j’aurai assez de contenu - jetez moi la première pierre, ahah !) ça vous parle ?

Pour contrer cela, il existe d’abord aujourd’hui de plus en plus d’outils qui permettent de faire des choses très jolies, rapidement et à coût raisonnable.

Mon exemple préféré : le site internet. Celui-ci a été fait sur Squarespace en une journée. Oui, il n’est pas parfait. Mais il fait le job pour vous expliquer ce que j’ai en tête, tester des offres, vous partager du contenu et récupérer vos avis. Au cours de l’aventure, je changerai peut être 3 fois de nom, 5 fois de logo, 9 fois de polices mais dans le fond ; est-ce si important ? Est-ce que vous allez me dire : “Je n’irai plus jamais sur Surf Mamma, ça fait 4 fois qu’elle change la couleur des boutons d’actions, c’est un scandale !” ? Je ne crois pas (enfin, je n’espère pas !)

C’est surtout une histoire d’état d’esprit : l’idée, c’est de toujours chercher à découper votre projet en petits morceaux faciles à faire et à présenter avec un niveau d’exigence raisonnable. Vous prévoyez d’organiser des événements ? Faites un test avec vos amis pour commencer. Vous voulez développer un outil de gestion de trésorerie pour les entrepreneurs ? Commencez petit avec un (joli) excel. Vous voulez lancer un modèle de sac de voyage ? Faites une campagne de crowdfunding ! Vous voyez le topo ? (oui, mes exemples sont un poil orientés, pardon.)

Ah, et organisez vous pour récupérer des critiques constructives, positives ou négatives : une histoire d’état d’esprit encore, et un peu d’organisation (suivi des chiffres de fréquentation d’un site, engagement d’une communauté sur Instagram, formulaires en ligne…) sinon cela ne sert à rien !


A qui et quand parler de son nouveau projet ?

Le weekend dernier, j’ai présenté Surf Mamma à une amie entrepreneure, après avoir looooonguement hésité. Elle m’a donné son feedback (plutôt positif, OUF !) et demandé si elle pouvait en parler. Ma réponse ? “Tout dépend, en ce moment, j’ai surtout besoin qu’on me dise que c’est super !

Parler trop tôt de son projet, ou à la mauvaise personne et vous risquez de récolter un “Ouais super” un peu mou qui vous fait perdre toute motivation et confiance dans vous et la vie (oui, rien que ça). J’en ai fait la douloureuse expérience en discutant du mien avec mon cher et tendre récemment. Difficile pour lui de se projeter sur un concept dont il n’est pas la cible et qui, soyons honnêtes est assez flou ;) mais son manque d’enthousiasme m’a clairement refroidie sur la pertinence de mon projet (= “c’est nul, je vais tout arrêter, je suis une ratée, je ne trouverai jamais ma voie”)

Les proches, notamment, ne sont pas forcément ceux avec lesquels entrer dans le détail de vos pérégrinations, du moins au début de l’aventure. Il y a d’abord la peur et le surinvestissement de leur jugement, comme le dit si bien Pénélope Bagieu, à propos de son blog Ma Vie Est Tout à Fait Fascinante dans le podcast Nouvelle Ecole : “ Il y avait un côté “lâcher son truc dans la rue et s’en aller en courant”. J’aimais bien que (le blog) cela vive sa vie et que peut être des gens allaient le voir, mais l’idée que les gens que je connaisse puissent le voir, j’étais mortifiée”.

surf-mamma-changer-de-vie

Certains aussi, parce qu’ils vous aiment, ont un peu peur pour vous, ou manquent tout simplement de recul, ont du mal à ne pas projeter sur vous leurs angoisses (ou leurs manques ?). C’est souvent le cas des parents ou des amis très proches. Anne Legrand, fondatrice de Maison Legrand à Lisbonne avec son mari Antoine, en parle bien dans un des épisodes de Génération XX : “Quand on change de vie, on remue des choses chez les gens”. C’est pourquoi, quand ils décident de faire un voyage autour du monde de plusieurs années après leurs mariages, Anne et Antoine n’en parlent à personne !

En ce qui me concerne, je parle de mes projets à différentes personnes, en fonction de son état d’avancement.

Au tout début, je ne le présente qu’à mon coeur de cible ; des personnes qui me paraissent pouvoir être intéressée par mon offre, du fait de leur profil (et si elle ne le sont pas, je me pose alors vraiment des questions). Déjà parce que c’est bon pour l’ego, et c’est important dans ces périodes de doute qui caractérisent parfois le début d’une aventure. Mais aussi parce que leurs retours sont généralement pertinents et constructifs pour l’avancement de mon projet.

Mais surtout, au début et tout au long de la vie du projet ou de l’entreprise, je suis convaincue du bénéfice énorme de partager, avec une ou plusieurs personnes, triées sur le volet, ses joies et ses galères. Lorsque je travaillais sur ma marque LOUPP, je retrouvais 2 jours par semaine ma belle-soeur, elle-même entrepreneur, pour travailler ensemble. Ce qui au départ était un moyen de rompre la solitude du travail à la maison et de changer un peu d’air, s’est avéré un bénéfice énorme pour nous deux et nos entreprises naissantes. En effet, à force de discussions, nous connaissions sur le bout des doigts la boîte de l’autre, ses objectifs, ses façons de fonctionner. Nous étions capables d’aider l’autre à décider de façon éclairée.

Un peu comme si nous avions la moitié du cerveau de l’autre, comme dans Sally dans l’Etrange Noël de Monsieur Jack (c’est de saison !) ou encore tous les avantages de l’associé, sans les inconvénients ;)

Cela nous a aidé toutes les deux aussi bien pour trancher de vrais problèmes business (“quelle accroche pour l’objet de ma newsletter cette semaine ?”) mais aussi gérer les coups de mou et démotivations, ou encore partager les joies des montagnes russes entrepreneuriales !

C’est d’ailleurs l’esprit que j’aimerai re-créer avec les Rencontres Fabuleuses de Surf Mamma : vous aider à rencontrer vos Sally, monter des petits groupes d’entrepreneures pour vous permettre à vous aussi de trouver un lieu de partage bienveillant, et vous aider à avancer.

Mais je vous en dis plus à ce sujet la prochaine fois !

Et vous ?
Quelle est votre stratégie à ce sujet ? Omerta complète ? Groupe de confiance pour les débuts ? Transparence totale ? Ca m’intéresse de TOUT savoir :)